Au bout du monde
La femme aux forêts de rires
Démolit l'ivoire des lois
Sous un pylône à la lune suppliant
Dégrafe le corsage de la nuit
A l'ombre de mes impatiences
Retient l'instant décadent

Pour le port de Wellington
Pour les avions sur l'autoroute
Pour un seul de ses sourires
Je renonce aux combats hypothétiques

Pour un jour sans enfant
Pour un pays au-delà de l'été
Pour autant que j'en sache
Une main hésitante au tremblement des roses

Elle a jugé la mélodie aux mots d'amour
Et sans descendre de son arc-en-ciel
Elle a pris mes heures infidèles
Elle en a fait un opéra de paille
Que j'écoute au creux de ses absences
Irva Irvae
Un rêve de tous les jours
Ici ou Ià-bas
Aux bars sans idéal je sens battre un lendemain

Et puis l'obscur a fondu
Pour finir en un sillage transparent
Je l'ai regardée hésiter, partir, revenir .
Les bruits de l'aéroport couvrent l'angoisse
Elle conduit le jour au bout de la nuit
Elle rend le ciel un peu plus clair
Elle parle des instants inattendus
Je m'ouvre

Je dépends du vent
Je dépends de la discrète
Des oiseaux d'Afrique
Des frontières délaissées
Des lettres qu'elle n'écrit pas
Si peu de moi-même
Je ne sais plus dire je t'aime

Et sans cette pluie qui délave les yeux de l'habitude
Nous aurions jeté à la mer la bouteille de nos promesses

Regardez la mettre de l'ordre dans les étoiles
Faire houle aux artisans de sa folie
Regardez la donner vie à mon poème
Faire corps avec ma ressemblance