Avec Montebourg tout est possible, fors l'honneur
Par Etienne FILLOL, mercredi 19 septembre 2007 à 20:33 :: politique
Le 13 juillet dernier, Arnaud Montebourg prenait une décision ferme et définitive. Au micro de RTL, il lançait urbi et orbi[1] « Je ne vais plus au bureau national depuis plusieurs semaines. Cela ne sert à rien. C'est un espace congelé où tout le monde perd son temps. Je n'y siégerai plus jusqu'au prochain congrès. »
Or, cher lecteur, arrête moi si je fais erreur, mais d'après mes informations, le congrès du parti socialiste ne se serait pas encore tenu. D'où mon étonnement de trouver ledit Montebourg dans la liste des présents au bureau national du 11 septembre dernier...
Décidément, quel homme d'honneur ! Étranglé par ses propres principes cet homme là ! D'une ligne de conduite rectiligne et exemplaire. Cochon qui s'en dédit, honni soit qui mal y pense, alea jacta est et tutti quanti. On ne m'y reprendra plus : ce qui est dit est dit, foi de Montebourg.
Tiens ! c'est bien simple, ça me rappelle cette fois où il avait déclaré vouloir boycotter les émissions de divertissement qui abaissent la fonction politique. C'était grand ça. A l'époque, ça m'avait bien plu. Bon d'accord, quelques semaines plus tard il ré-enfilait les émissions de ce type à tire-larigot, mais bon... il faut le comprendre aussi : il est un peu oublieux, le pauvre. Par exemple, le jour où il a déclaré sa flamme à Ségolène Royal, il a même oublié qu'il en avait dit pis que pendre la veille au soir.
Oh mais que vois-je ? Au cours du dernier Bureau National, une intervention de l'ectoplasme Montebourg ? Fichtre ! Le bougre parle beaucoup pour un absent... Je cite donc : « Arnaud Montebourg alerte sur le possible procès en lâcheté qui pourra être intenté aux socialistes sur une position stricte des défenses des acquis. » Formidable ! Heureusement que cet ancien tenant de la gauche du PS a fait le voyage jusqu'à Solférino pour nous faire part de son avis sur les retraites, qui rejoint élégamment celui de Sarkozy.
Tiens, c'est simple, vous savez à qui me fait penser cet élu de Bourgogne ? A son voisin de circonscription qui a traversé tout l'échiquier politique au cours de sa carrière : Jean-Pierre Soisson. Sauf que Montebourg est encore plus fort : ce que l'un a fait en une vie, l'autre réussit à le faire en quelques heures.
A l'époque, personne ne l'avait compris ainsi, mais « La Machine à Trahir » était en réalité le titre de son autobiographie. Sous-titre original : « ou l'art du ridicule ».

Notes
[1] J'adopte moi aussi la posture papiste, nouveau visage de la rénovation au PS, pour un socialisme moderne du XXIème siècle : il est vrai que j'ai des prédispositions, parlant, comme Ségolène, le catholique couramment.