[ étienne fillol : le blog ]

[ accueil | blog | musique | textes | photos ]
ce blog est alimenté par étienne fillol (92, hauts-de-seine), sauf billets indiquant une mention contraire

mer
17
jan ' 07

Royal s'enfonce dans la frêchitude


Après une litanie de platitudes[1] auxquelles nous sommes hélas! habitués, Ségolène Royal a conclu l'interview matinale[2] qu'elle a accordée à Jean-Michel Apathie par une question sur le cas 'Georges Frêche'.

Question donc : « Georges Frêche a annoncé hier qu'il se mettait en retrait durant deux ou trois mois du parti socialiste 'pour ne pas vous gêner' a-t-il dit. Souhaitez-vous malgré tout que la procédure devant un tribunal des conflits du PS qui peut aboutir à son exclusion, se poursuive ? »

Réponse : « Je pense que ce qu'il a fait est bien et qu'on peut en rester là... et que pour le reste, c'est à lui de voir s'il peut continuer à exprimer des excuses pour des mots qui ont profondément blessé, avec lesquels je suis en désaccord. »

Cher lecteur, ai-je bien compris ? La candidate du Parti Socialiste estime qu'on peut « en rester là » ? Ce sinistre individu aux pratiques notoirement douteuses aligne trois banalités sur sa prétendue « mise en retrait »[3] et Madame Royal est satisfaite ? Mieux encore Madame trouve que « ce qu'il a fait est bien » ! On passe l'éponge : pour services rendus ou par lâcheté ? Par peur du mafioso ou par veulerie ?

Enfin, je comprends ici que Ségolène Royal est « en désaccord » avec les mots de Georges Frêche. En désaccord ? A tout le moins, l'expression est faible, pour ne pas dire connivente. « En désaccord » ! Comme mari et femme pourraient l'être sur la couleur des rideaux du salon ? Comme deux juristes pourraient l'être sur l'interprétation à donner d'un article du Code Civil ? Madame Royal, apprenez que je ne suis personnellement pas « en désaccord » avec le Montpellierain-qui-n'aime-pas-trop-les-noirs : je suis aux antipodes de sa pensée malsaine ! Parce qu'on ne diverge pas de l'inacceptable, on le combat...

Parce que la rénovation du Parti Socialiste passe par une moralisation totale des pratiques de ses militants -et plus encore de ses élus, cela va sans dire !-, je ne désarmerai jamais et continuerai inlassablement à réclamer au Premier Secrétaire du parti l'exclusion de Georges Frêche.

Et cher François, cher camarade, puisque je parle de toi, sache que ce n'est qu'un début : si Jean-Paul Huchon est reconnu coupable des faits pour lesquels il est actuellement jugé, je ferai campagne pour que lui aussi quitte sans délai le parti socialiste. Et d'autres encore s'il le faut. Parce que ma famille doit être plus propre, plus saine et plus belle que les autres.

En attendant ce jour, je constate avec colère que la candidate du PS ne partage pas, loin s'en faut, cet objectif de rénovation et m'en désole.

Notes

[1] Malgré les apparences, ce mot n'a pas été inventé par une candidate à l'élection présidentielle... même si d'aucuns l'auraient pu croire inventé pour elle.

[2] interview incroyablement peu agressive dirons-nous...

[3] ... ce qui est une fumisterie puisque Frêche est déjà suspendu ! Retirer un suspendu, voilà qui n'est pas banal.

lun
15
jan ' 07

Impositude et socialistage


Royal l'a dit : «Il n'y aura pas de fiscalité nouvelle qui serait interprétée comme un élément qui décourage le travail ou l'effort». Strauss-Kahn l'a répété : «En aucun cas, nous ne devrons augmenter les prélèvements obligatoires.» et a poursuivi : «Il y aura sans doute des points sur lesquels il faudra baisser les impôts».

Bien sûr, il ne s'agit pas de faire ici l'apologie de l'impôt, mais comment se prétendre socialiste et balayer ainsi la possibilité pour l'Etat de peser sur la société et renverser la tendance qui conduit la misère à grandir, les laissés-pour-comptes à s'enfoncer plus encore ?

Sauf à produire une politique franchement libérale de désengagement de l'Etat, sauf à tabler sur une croissance à deux chiffres qu'on ne trouve que dans les pays en voie de développement, il ne faut pas se voiler la face : Ne pas revenir sur les baisses d'impôts irresponsables accordées par la droite -la plupart aux plus riches d'entre nous-, c'est diminuer le budget de l'Etat.

La position de Royal enlèverait à l'Etat sa capacité de redistribution des richesses. Au-delà c'est l'égalité entre les citoyens qui serait atteinte. Mais bon sang ! Comment peut-on prétendre produire d'énormes efforts en matière de recherche, d'éducation, de famille, de santé et ne pas vouloir augmenter les prélèvements obligatoires ? Comment vouloir vider les caisses de l'Etat et promettre dans le même temps des budgets en augmentation ?

Il est des points sur lesquels tout le monde s'accorde à faire un diagnostic pessimiste. Il est des activités pour lesquelles tous les spécialistes disent que sans augmentation de budget, il n'y aura pas d'amélioration possible : la justice est trop lente[1] ? Comment résout-on cela sans augmentation des moyens techniques, matériels et humains ? Comment augmenter la présence des enseignants dans les écoles sans faire exploser le budget de l'éducation ? Les mêmes questions se posent avec acuité pour la santé, la recherche, les universités, la famille, etc. ... Sauf bien sûr à vouloir faire reposer sur des financements privés la majeure partie des problèmes posés. Mais je ne peux croire que la candidate du parti socialiste puisse aujourd'hui faire campagne sur une telle vision de la société.

En matière d'emploi, comment peut-on faire l'apologie de la flex-sécurité scandinave, du modèle suédois, de l'exemple danois, sans constater dans le même temps que ces pays ont les plus hauts taux de prélèvements en Europe ? Sauf à préférer la flexibilité à la sécurité bien entendu, mais je ne pourrais croire que la candidate du PS puisse avoir atteint ce degré de dépendance au libéralisme.

Dans le débat fondamental qui agite le PS ces derniers temps, il n'est pas imaginable qu'il puisse s'agir d'autre chose qu'une incompréhension. Qui est de gauche ne peut penser que les postulats libéraux aient pu entrer en campagne dans son propre camp. Il suffit donc assurément que la candidate clarifie sa position en faveur d'une politique explicitement socialiste. A n'en point douter, les jours qui viennent nous le démontreront.

Notes

[1] Bien plus que chez nos camarades chinois...

jeu
04
jan ' 07

Je serai content quand tu seras mort, vieille racaille...


Chirac, la racaille de l'Elysée, vieillit mal. Il confond voeux de la nouvelle année et promesse qui n'engage à rien. Il pousse jusqu'à donner une feuille de route pour le quinquennat à venir. En somme, il nous livre tout ce qu'il n'a pas fait en douze ans, une sorte de bilan en creux. Voilà qui ne manque pas de sel...

Notez que je préfère cela : sa dernière sortie, idéologique à souhait, typique de la mesure libérale qui répond à un besoin qui n'existe pas mais flatte la base électorale de son camp. Symptomatique aussi de la fuite en avant d'une droite qui ne sait plus s'il faut limiter la concurrence mondiale ou s'y jeter tête baissée.

Je cite : « Pour conserver nos entreprises et en attirer d'autres, c'est sur le taux de l'impôt sur les sociétés qu'il faudra agir. (...) Il s'élève en France à 33%, près de huit points de plus que la moyenne européenne. (...) L'objectif doit être de le ramener à 20% en cinq ans ».

Passons sur l'incohérence habituelle qui consiste à vouloir combattre les déficits publics et la dette tout en diminuant les recettes. Oublions que moins d'impôt, cela veut dire moins de justice, moins d'enseignement, moins de prestations sociales, moins de santé. Non, concentrons-nous sur le diagnostic : La France n'est pas « attractive », il faudrait donc, selon le syndrôme helvético-hallidesque, y baisser les impôts.

Seulement voilà, il se trouve que la France est l'un des pays les plus attractifs du monde pour l'implantation d'entreprises ! Et oui, les français sont des fainéants qui coûtent cher et sont qui plus est toujours en grève, les pauvres chefs d'entreprises sont écrasés d'impôts qui font fuir le monde entier, nous sommes la risée de tous la pays développés, mais nous sommes attractifs !

Cherchez l'erreur : vous la trouverez chez Ernst & Young par exemple où un rapport sur les projets d'investissements étrangers en Europe place la France en deuxième position. Vous la trouverez aussi dans cette autre étude KPMG sur les coûts comparés des entreprises à l'échelle internationale qui situe la France au troisième rang mondial et premier européen.

Alors bien entendu, on peu se moquer éperdument d'un diagnostic sérieux et appliquer des recettes de grand-mère sur des maux qui n'existent pas. Mais alors, cessons de leur donner le statut de "solutions économiques". Appelons-les par leur nom: dumping fiscal. Transformons la France en une Irlande ou un Luxembourg... Bon sang mais c'est bien sûr ! Pour combattre les paradis fiscaux, devenons-en un nous-mêmes !

Merci Professeur Chirac, docteur honoris causa de l'université libre des Iles Caïman, défenseur acharné de la cause des vies dorées, admirable Diafoirus de l'économie mondiale.