Royal s'enfonce dans la frêchitude
Par Etienne FILLOL, mercredi 17 janvier 2007 à 22:28 :: politique
Après une litanie de platitudes[1] auxquelles nous sommes hélas! habitués, Ségolène Royal a conclu l'interview matinale[2] qu'elle a accordée à Jean-Michel Apathie par une question sur le cas 'Georges Frêche'.
Question donc : « Georges Frêche a annoncé hier qu'il se mettait en retrait durant deux ou trois mois du parti socialiste 'pour ne pas vous gêner' a-t-il dit. Souhaitez-vous malgré tout que la procédure devant un tribunal des conflits du PS qui peut aboutir à son exclusion, se poursuive ? »
Réponse : « Je pense que ce qu'il a fait est bien et qu'on peut en rester là... et que pour le reste, c'est à lui de voir s'il peut continuer à exprimer des excuses pour des mots qui ont profondément blessé, avec lesquels je suis en désaccord. »
Cher lecteur, ai-je bien compris ? La candidate du Parti Socialiste estime qu'on peut « en rester là » ? Ce sinistre individu aux pratiques notoirement douteuses aligne trois banalités sur sa prétendue « mise en retrait »[3] et Madame Royal est satisfaite ? Mieux encore Madame trouve que « ce qu'il a fait est bien » ! On passe l'éponge : pour services rendus ou par lâcheté ? Par peur du mafioso ou par veulerie ?
Enfin, je comprends ici que Ségolène Royal est « en désaccord » avec les mots de Georges Frêche. En désaccord ? A tout le moins, l'expression est faible, pour ne pas dire connivente. « En désaccord » ! Comme mari et femme pourraient l'être sur la couleur des rideaux du salon ? Comme deux juristes pourraient l'être sur l'interprétation à donner d'un article du Code Civil ? Madame Royal, apprenez que je ne suis personnellement pas « en désaccord » avec le Montpellierain-qui-n'aime-pas-trop-les-noirs : je suis aux antipodes de sa pensée malsaine ! Parce qu'on ne diverge pas de l'inacceptable, on le combat...
Parce que la rénovation du Parti Socialiste passe par une moralisation totale des pratiques de ses militants -et plus encore de ses élus, cela va sans dire !-, je ne désarmerai jamais et continuerai inlassablement à réclamer au Premier Secrétaire du parti l'exclusion de Georges Frêche.
Et cher François, cher camarade, puisque je parle de toi, sache que ce n'est qu'un début : si Jean-Paul Huchon est reconnu coupable des faits pour lesquels il est actuellement jugé, je ferai campagne pour que lui aussi quitte sans délai le parti socialiste. Et d'autres encore s'il le faut. Parce que ma famille doit être plus propre, plus saine et plus belle que les autres.
En attendant ce jour, je constate avec colère que la candidate du PS ne partage pas, loin s'en faut, cet objectif de rénovation et m'en désole.
Notes
[1] Malgré les apparences, ce mot n'a pas été inventé par une candidate à l'élection présidentielle... même si d'aucuns l'auraient pu croire inventé pour elle.
[2] interview incroyablement peu agressive dirons-nous...
[3] ... ce qui est une fumisterie puisque Frêche est déjà suspendu ! Retirer un suspendu, voilà qui n'est pas banal.