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mar
24
oct ' 06

Les syndicats sont là pour vous défendre...


... du moins si vous êtes blanc, jeune et que cela se voit. Pour les autres, il faudra attendre.

Entendons-nous bien, je ne suis pas vraiment convaincu de l'efficacité du CV anonyme : Un chef d'entreprise ou un directeur des ressources humaines qui cligne des yeux nerveusement à la vue d'une lettre de motivation écrite par Abdelkarim ou Mohamed et jette le tout à la poubelle sans même en lire le contenu ne risque pas d'être plus ouvert si l'auteur de ladite lettre se retrouve dans son bureau. La bêtise humaine ne se soigne aussi simplement que cela. Les préjugés ont des racines plus profondes que la simple évocation épistolaire d'une origine ethnique.

Mais à tout le moins, je me dois de reconnaître que cette procédure de CV anonyme ne peut pas nuire et je suis même prêt à reconnaître qu'elle peut être utile. Claude Bébéar, auteur d'un rapport au Premier Ministre en 2004 à ce sujet, affirme même que les essais en la matière ont prouvé l'efficacité du dispositif. Dont acte. Et peu importe. Là n'est pas mon propos.

Non, mon agacement vise ce gouvernement de pacotille et ces partenaires sociaux qui n'ont de social que le nom.

En mars, Nicolas About, sénateur UDF, avait proposé un amendement à la loi sur l'égalité des chances visant à rendre obligatoire le CV anonyme dans les entreprises de plus 50 salariés. Le Parlement l'avait alors adopté et le Sénat vient de faire de même. Seulement voilà, le Gouvernement déclare aussitôt que le décret d'application ne sera pas publié, s'appuyant pour cela sur le fait que les partenaires sociaux n'y sont pas favorables !

Qu'en déduire ?

1°) Le gouvernement n'a aucun courage politique est n'est même pas capable d'assumer ses choix -et celui du président de la république- à six mois d'une élection nationale. Imaginez l'effet de cette volte-face sur tous ces gens qui croyaient à une avancée en la matière...

2°) Le gouvernement méprise ouvertement la représentation nationale en n'appliquant pas les lois votées en bonne et due forme par les deux chambres.

3°) Les syndicats déclarent leur opposition à une loi qui pourtant n'est pas anti-sociale, c'est le moins qu'on puise dire, sous des prétextes aussi divers que ridicules comme : « c'est anecdotique » ou « nous n'avons pas été consultés au préalable » ou plus grandiose encore : « cela oblige les individus à gommer une part de leur identité » (CFDT) ! Qui plus est, ils offrent ainsi une porte de sortie à un gouvernement qui se demandait comment se dégager discrètement de ce "problème".

Quand syndicats et patrons tombent d'accord pour laisser les minorités dans leur cambouis, cela donne un grand exemple d'humanité dans le pays. Merci messieurs.

lun
23
oct ' 06

Les Tribunaux Ségolutionnaires


Le ligne jaune qui sépare la peu recommandable démagogie du lamentable populisme a encore été franchie ce week-end par Ségolène Royal qui propose que « les élus rendent des comptes à intervalles réguliers devant des jurys de citoyens tirés au sort pour évaluer les politiques publiques. »

Outre que cette idée rappelle les heures de gloire de Danton et Robespierre -voire de Mao-, le mépris de la démocratie qui transparaît dans cette proposition devrait faire frémir tous les républicains, devrait faire se dresser les cheveux sur la tête de tout socialiste qui se respecte, devrait faire bondir les journalistes de tous bords. Au lieu de cela ? Silence radio dans tous les médias qui rapportent l'information de la façon la plus neutre qui soit. Royal propose très tranquillement de remplacer le suffrage universel par une doxa simpliste mais personne n'y trouve rien à redire. Je dois avoir été téléporté sur un autre planète, ce n'est pas possible...

Je rappelle donc -puisque cela semble utile !- qu'en démocratie, le "jury populaire" est constitué de l'ensemble des citoyens français en âge de voter. C'est-à-dire que chaque citoyen a le droit de s'exprimer et donc de réélire ou renvoyer un élu. Rendre juge de l'action politique un jury tiré au sort c'est court-circuiter cette démocratie. Moi, je ne veux en aucun cas qu'un groupe d'individus que je ne connais pas se réunisse officiellement aux frais des contribuables pour dire du mal d'un élu que je trouve bon ou l'inverse. Personne de normalement constitué ne peut souhaiter cela.

Je voudrais aussi que Madame Royal nous explique sur quelle base objective et juridique ce « jury populaire » pourraient juger des élus de tous bords, sans faire entrer en jeu une quelconque inclination politique ou un phénomène affectif ? Pour qu'il y ait jugement, il faudrait qu'il y ait des lois sur lesquelles s'appuyer. Bien sûr, Madame Royal précise aussitôt « qu'il ne serait pas forcément question de sanction. ». Ah bon ? Mais alors quel est le but de cette mascarade ? Dépenser inutilement l'argent dont la justice manque déjà cruellement ?

Mais j'y pense... un petit nombre d'individus pris au hasard qui donnent à intervalles réguliers leur avis à la nation toute entière sur les politiques, ça ne vous rappelle rien ? Pourquoi ne pas appeler la proposition Royal « les jurys IFOP » ou « le tribunal SOFRES » ? L'idée proposée par Royal, au fond, ce n'est que la nationalisation des instituts de sondages : Faire aux frais de la justice ce que des entreprises privées font aujourd'hui...

Cette fois cela ne me fait plus rire. Cette femme est folle. Il faut l'arrêter avant qu'il soit trop tard. J'implore les camarades socialistes de s'en rendre compte avant le 16 novembre prochain.

jeu
19
oct ' 06

Innover n'est pas Rénover


François Hollande, dans un grand élan d'auto-félicitation égocentrique, estime que le vainqueur du débat de mardi soir entre les candidats socialistes est... LE projet[1]. Bon, c'est son opinion, au François, il dit ce qu'il veut : après tout, c'est le chef.

Mais tout de même : est-ce que par hasard —sauf le respect que je dois à son éminente fonction et malgré toute la camaraderie qui nous unit, en dépit de l'estime personnelle qu'il m'inspire et nonobstant le talent politique qu'il démontre— est-ce que par hasard, disais-je, François Hollande ne se foutrait pas de notre gueule ?

Nous assistons à un débat[2] dans lequel la « candidate installée » s'assoit tranquillement sur les 35 heures, poussant la critique jusqu'à parler de « régression sociale », contredisant ainsi explicitement le projet socialiste sur un sujet majeur... et le Premier Secrétaire exprime son ravissement ?

Dans la foulée, Royal et DSK passent deux heures à ajouter un discret « si on peut... » à chaque énoncé d'une promesse du projet (renationalisation de GDF, hausse du SMIC, abrogation de la loi Fillon, etc.) et Hollande déclare le projet grand vainqueur de cette soirée ? Non, mais sans rire, mes amis, mes camarades, combien de temps va-t-on accepter de se faire promener ainsi ? Je vais vous répondre : aussi longtemps que nous continuerons à croire que, parce que l'orateur a moins de soixante ans et qu'il n'a pas été huit fois ministre, il représente l'avenir politique, la rénovation incarnée[3].

Le lendemain matin, quel magnifique consensus dans les commentaires post-débats : tous ces éditorialistes, ces fabiusiens, ces ségolistes, ces ex-jospiniens, ces politologues qui affirment à l'unisson que le PS est sorti grandi de cet instant en démontrant sa capacité à tenir des débats polissés. Tous s'accordent à louer l'innovation que représente l'exercice et ces trois candidats qui seraient des parangons de débat démocratique.

Voilà, ce serait cela la rénovation : poser trois pupitres en rang d'oignons et parler chacun son tour, sans s'apostropher, sans même se regarder. Ce serait éviter toute confrontation d'idées et aligner les platitudes pendant deux heures, selon un rituel, des questions, des réponses, un chronométrage préparés au cordeau. A ce compte-là, la rénovation en gastronomie consisterait à remplacer la cuisine française par le hamburger texan. Non merci, ce sera sans moi. Rénover ne signifie pas se renier. En écoutant nos trois larrons, hier soir, j'avais le sentiment de devoir renier mon idée du débat.

Du temps où Montebourg était grand, du temps où il était prince, droit, fort et beau, du temps où le feu l'habitait, je croyais que la rénovation, c'était le combat pour la sixième république, la lutte contre la politique spectacle, contre la corruption, j'imaginais qu'il s'agissait de renverser la logique d'une politique qui appauvrit les pauvres et permet aux déjà-riches de gagner chaque semaine au Loto. Mais non, la rénovation du PS, c'est aligner des projets de quartiers, présenter une collection d'usines régionales et affirmer sans démonstration que c'est la méthode de l'avenir, la voie vers le Nirvana politique du pays. Non merci, ce sera sans moi.

Debout les vrais rénovateurs ! Notre chemin est ailleurs, il nous faut une fois encore le tracer en dehors des sentiers habituels.

Notes

[1] A mon avis, c'est lui qui a inventé la campagne publicitaire Duracell : on croit que les trois lapins roses sont en compétition, mais en réalité c'est qu'ils ont entre les pôles 'plus' et 'moins' qui fait la différence.

[2] ... de bon niveau par ailleurs, là n'est pas la question.

[3] Etre une femme est un plus. S'avérer être d'origine maghrebine ou homosexuel encore mieux. L'important n'est plus ce que l'on dit, pas même ce que l'on est, mais ce que l'on représente.

dim
15
oct ' 06

Foraine office


Il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy, en visite sur le sol américain, fustigeait l'arrogance de la diplomatie française vis-à-vis des USA. But contre son camp.

Vendredi dernier, Jacques Chirac, sans doute au nom de la realpolitik, décorait en catimini de la Légion d'Honneur le despote plus ou moins éclairé, Vladimir Poutine. But contre la démocratie.

Et voilà qu'aujourd'hui, le même Chirac empoigne son téléphone et appelle le Premier Ministre Turc, Tayyip Erdogan, pour se dire « désolé » du récent vote du Parlement Français à propos du négationisme du génocide arménien. But contre le peuple français[1].

Sans compter, dans un passé récent, les innombrables bourdes de l'ineffable Philippe Douste-Blazy que je ne détaillerai pas ici, sous peine de faire passer ce blog pour un magasin de farces-et-attrapes ou une émission de Patrick Sébastien.

Et demain ? Ces pitres de la diplomatie qui, oserais-je le rappeler, représentent notre pays sur la scène internationale, vont-ils s'accorder pour dîner à la Tour d'Argent avec Kim Jong Il ? Ou accueillir dans une luxueuse villa de la Côte d'Azur quelque dictateur africain en mal d'électeurs ? Ou féliciter les dirigeants chinois pour leurs dernières exécutions de journalistes ?

La droite au pouvoir, c'est la garantie de l'amateurisme à tous les étages, de l'esprit du cirque sans cesse renouvelé. Quand il s'agit de politique étrangère, la gêne se transforme en honte.

Notes

[1] J'ai écrit dans les commentaires d'un autre article que je n'approuvais personnellement pas la proposition de loi socialiste à ce sujet, mais ce n'est pas l'objet de ce billet : l'intervention sous le manteau du Président de la République est choquante en soi, indépendamment du fond de l'affaire.

ven
13
oct ' 06

Lettre ouverte à François Hollande


Cette fois, c'en est trop.

Monsieur Hollande, je suis adhérent de l'organisation politique que vous dirigez. Malgré l'usage, je ne vous tutoie pas ici, de moins en moins sûr que notre « camaraderie » ne repose pas sur un terrible malentendu, sur une sémantique floue qui m'aurait fait penser, à un moment donné, que nous visions, vous et moi, les mêmes objectifs politiques.

Jusqu'ici, je faisais le dos rond. Je ruais certes un peu dans les blogs mais tous comptes faits, j'attendais docilement l'automne. Ses couleurs dorées, ses feuilles mortes, ses candidats, ses primaires. Mes primaires. Nos primaires à nous tous, socialistes. Au fil des mois, j'ai tant bien que mal accepté que vous-même, n°1 du parti, souteniez à demi-mot une candidature. J'ai fait semblant de ne pas prêter attention au fait que le n°2 de ce parti soutienne la même candidature, niant même le droit aux autres de se présenter au vote des militants. J'ai feint de ne pas voir que le porte-parole en faisait autant à chacune de ses interventions. Je n'ai pas voulu faire grand cas des soutiens de « la candidature installée » qui dézinguaient à qui-mieux-mieux, comme de vils porte-flingues, les autres prétendants tout en hurlant à la mauvaise tenue de ces derniers.

Monsieur Hollande, que ladite candidature plonge la gauche dans l'embarras -si ce n'est la consternation- à chaque intervention n'est guère réjouissant pour le simple adhérent que je suis. Que sa dernière prestation en date soit sans doute ce qui peut sortir de pire de la bouche d'un (multi-)élu de la République, passe encore[1]. Qu'il me faille, sous prétexte de « ne pas faire le jeu de l'UMP », avaler couleuvres droitières et positions sociétales douteuses, je pourrais encore le taire.

Mais que « la candidature installée » me crache personnellement à la figure, cela, Monsieur le Premier Secrétaire du Parti Socialiste, je ne peux le tolérer. Et je vous demande, si vous en êtes encore capable, de faire cesser ce petit jeu de qui gagne-perd. J'exige, en qualité d'adhérent, que vous rappeliez publiquement à l'ordre Madame Ségolène Royal qui méprise les militants socialistes comme jamais un représentant de ce parti n'a osé le faire par le passé.

Extraits de sa dernière sortie : « Je ferai les débats dans la mesure où ils sont nécessaires. S'ils sont trop nombreux, si les débats sont détournés de leur véritable destination, à ce moment-là je me réserve le droit de ne pas m'y assujettir » ou encore « Je ne veux pas tomber dans les polémiques subalternes ».

Monsieur Hollande, je vous demande d'exiger de Madame Royal qu'elle participe aux débats et cesse surtout de les fustiger. Aucun candidat n'a à choisir les règles d'une élection, fut-elle interne à une organisation politique. Ces débats sont dus aux militants qui auront à se prononcer dans un mois. Ils sont promis aux adhérents, anciens comme nouveaux. De quel droit un candidat pourrait-il se « réserver le droit » de s'y soustraire ? Penser que des débats organisés puissent être des « polémiques subalternes » est une véritable insulte à l'intelligence politique des socialistes et au devoir de réflexion de chaque militant. Je suis personnellement atteint par cela et le prends, à l'instar de beaucoup j'en suis sûr, comme la négation même de mon engagement politique. Me suis-je inscrit dans un parti qui pense que trop de débats puissent nuire ?

J'ose croire, Monsieur, que vous saurez condamner fermement, sans réserve et dans les meilleurs délais un tel déni de la démocratie du parti que vous dirigez.

« Une candidature s'est installée », oui vous avez raison, Monsieur Hollande : elle s'est installée dans le ridicule. Et avec elle le parti qu'elle représente. Je m'en désole...

NB : Cette lettre a été adressée par fax au siège du Parti Socialiste le 13 octobre 2006 à 16h15.

Notes

[1] Nous avons préféré en rire sur ce blog, mais au fond, c'est bien toute la gauche qui en est affaiblie et il n'y rien de risible à cela.

mer
11
oct ' 06

Jean-Michel Aphatie, cet homme qui osa se lever et dénoncer l'oppression dont était victime la classe dirigeante


Huit heures moins le quart sur RTL, c'est l'heure de l'invité politique de Jean-Michel Aphatie. Je n'écoute jamais ce moment en direct, parce qu'il se trouve que le créneau horaire est incompatible avec mon agenda matinal, mais il m'arrive assez régulièrement de l'écouter en podcast le soir, dans le RER qui me ramène du travail. Ça ou voir défiler la banlieue le long des rails...

Bien m'en a pris aujourd'hui : Invraisemblable partie de pelote basque entre le journaliste et François Bayrou, je n'en reviens toujours pas... Je n'en retranscris ci-dessous que l'introduction :

- {un journaliste} Bonjour, Jean-Michel Aphatie, votre invité ce matin est un écrivain...

- {JM Apathie} : ... François Bayrou, président de l'UDF. On trouvera demain dans les librairies un livre sous sa signature « Au Nom du Tiers-Etat ». Mais quand on le lit, je vous jure, on croirait que c'est Arlette Laguiller qui l'a écrit.

- {un journaliste} 7h48, dans un instant avec Jean-Michel Aphatie, Arlette Laguiller... alias François Bayrou.

{pause publicitaire}

A ce stade, vous noterez que Bayrou n'a pas encore dit un mot mais a déjà été ridiculisé trois fois : la première en se voyant affublé du qualificatif d'écrivain : sans autre forme de commentaire, le dénigrement et la moquerie sont évidentes pour un homme qui est invité pour parler politique. Les deux fois suivantes en se faisant traiter d'Arlette Laguiller, sur un ton badin, pour ne pas dire sarcastique.

Quand l'interview commence[1], Bayrou laisse éclater son mécontentement et le fait très bien. Aphatie est sur la défensive. Il sent qu'il a été mauvais. Je ne veux pas dire qu'il regrette (il se justifie même sur son blog) mais la conversation part sur une pente qu'il n'avait pas prévue.

Mais peu importe la colère de Bayrou[2] ou la bêtise d'Apathie. A ce dernier, je ne veux dire que deux choses :

1°) Traiter d'extrémiste toute personne qui dénoncerait un système politique sclérosé, pour ne pas dire gangrené, démontre une volonté de cautionner ce système, de s'y complaire, de s'y vautrer. Monsieur Aphatie est un ardent défenseur du consensus mou qui lui permet de tirer bénéfices et privilèges[3] : Salaire à la radio, à la télévision, etc. Tout ce qui s'y oppose lui paraît relever d'un marxo-trotskysme suspect, quand bien même il émanerait d'un compatriote à lui, centriste de surcroît..

2°) Je voudrais bien voir que ce clown auto-affublé du qualificatif de journaliste politique emploierait le même ton avec Sarkozy ou Royal, avec Juppé ou Jospin. Il est vrai que tous ceux là n'ont pas remis en cause, loin s'en faut, l'attitude des médias dans le traitement de l'information.

En guise de conclusion pseudo-humoristique et un peu facile, je le concède, je livre ici la définition médicale de l'apathie : « Incapacité de s'émouvoir ou de réagir, par mollesse, indifférence ou état dépressif. » Jean-Michel Aphatie est tellement indifférent, tellement mou, qu'à ceux qui crie un peu fort, il demande de se taire pour ne réveiller personne...

Jean-Michel Aphatie n'a qu'un Parti : celui qui lui conserve une place au chaud. Toute autre thèse lui paraît relever d'une folie décadente, d'une torture mentale digne de Kim-Jong-Il.

Au vrai, Jean-Michel Aphatie, c'est toute la presse que j'exècre.

Notes

[1] Je voulais la mettre en écoute sur ce blog, mais je ne vais tout de même pas pousser la publicité jusque là. Les plus curieux peuvent consulter le site de la radio ou le blog du journaliste pour une écoute in extenso.

[2] Les habitués de ce blog savent que défendre le leader de l'UDF n'entre pas dans une ligne éditoriale traditionnelle.

[3] ...puisque nous parlons de Tiers-Etat.

lun
09
oct ' 06

Il y a vingt-cinq ans, on guillotinait la barbarie...


Le 9 octobre 1981; il y a tout juste vingt-cinq ans, François Mitterrand promulguait la loi abolissant la peine de mort. C'est aujourd'hui le moment de se souvenir du combat, long, farouche et déterminé qu'a mené Robert Badinter, l'un des plus grands socialistes français assurément, contre cette peine d'un autre âge.

De sa plaidoirie dans l'affaire « Patrick Henry » en 1977 à son extraordinaire discours à la tribune de l'Assemblée Nationale quatre ans plus tard, Robert Badinter a été le grandissime artisan de cette victoire de l'humanité sur la barbarie, de la justice sur la vengeance, de l'homme sur lui-même.

De cet homme, toujours et en toute circonstance, la France devra garder la mémoire.

Mais c'est aussi l'occasion de tourner la tête plus loin encore dans le passé et se souvenir de l'envers du décor : Si la France n'a pas été le dernier pays à abolir la peine capitale, elle restera dans l'histoire le dernier d'Europe occidentale à l'avoir appliquée[1] en 1977. Rappelons surtout qu'en 1908, un projet de loi abolitionniste, pourtant porté par Jean Jaurès et Aristide Briand, n'a pas abouti[2]. La faute à un fait divers d'infanticide qui avait, à l'époque, choqué l'opinion. La faute surtout au journal populaire Le Petit Parisien qui avait organisé une sorte de référendum sur la peine de mort auprès de ses lecteurs, dont le résultat, très en faveur de l'exécution capitale, avait pesé lourdement sur le choix des parlementaires.

Hier comme aujourd'hui et autant que demain, dans les affaires humaines et sociales les plus complexes, c'est-à-dire les plus importantes, l'opinion est toujours mauvaise conseillère. Cette phrase raisonne, sourde et dure, à mes oreilles, à nos oreilles à tous, nous qui n'entendons plus que des appels à cette opinion de la part de nos têtes politiques les plus en vue.

Jean Jaurès, Aristide Briand, François Mitterrand, Robert Badinter, vos enfants ont mal grandi.

Robert Badinter

Notes

[1] Valery Giscard d'Estaing, qui voudrait se faire passer pour un président moderniste et réformateur, a été celui qui, au cours de son mandat présidentiel, a laissé se dérouler trois exécutions capitales, sans accorder sa grâce aux condamnés.

[2] Alors, nous français, aurions pu être grands, comme au Siècle des Lumières. Nous ne l'avons pas été. En 1981, nous n'étions plus que dans la logique du monde.