Lettre ouverte à Michel Dubost, évêque d'Évry
Par Etienne FILLOL, samedi 06 octobre 2007 à 20:45 :: politique :: #308 :: rss
Monsieur,
Les choses sont rentrées dans l'ordre hier, 5 octobre 2007. Vers 19 heures, les CRS se sont massés devant l'église Saint-Paul de Massy et les cinq cents sans-papiers qui l'occupaient depuis le mois d'avril ont été expulsés. A votre demande, des hommes en armes ont donc chassé des indigents de la maison de Dieu. Tel était votre bon vouloir, à vous qui en avez appelé à la force pour faire place nette derrière les vitraux. Dans cette enceinte, des hommes avaient cru être à l'abri. Il savent aujourd'hui que leurs femmes et leurs enfants n'étaient à l'abri de rien. Surtout pas de votre pleutrerie d'ecclésiastique embourgeoisé, vous qui, sans trembler, avez dénoncé ces faibles aux autorités; vous qui, au nom de la tranquillité des chrétiens locaux avez demandé que la justice vous débarrasse de cette horde d'infidèles. C'est aujourd'hui chose faite et vous vous êtes félicité de ce que l'église fût enfin « rendue à sa destination première qui est la prière ».
Puisque votre lecture des évangiles vous pousse à considérer que les derniers le resteront, puisque le code de la nationalité vous importe plus que les commandements divins, puisque Saint-Brice vous éblouit plus que Saint-Jean et Saint-Luc réunis, puisque vous renouez avec la tradition collaborationniste de l'Église de Rome, aujourd'hui on le sait : Le Christ aurait occupé votre maison que vous l'en auriez chassé. Oh! pas vous-même bien entendu : vous auriez fait appel aux centurions, la lâcheté est toujours jusqu'au-boutiste. Quoiqu'il en soit, j'ose espérer que Dieu est doté de plus d'humanité que vous et qu'il vous tiendra grande rigueur d'une telle félonie.
N'être que la moitié d'un homme, c'est n'avoir pas d'honneur, mais cela ne dispense pas d'avoir un cœur. Que vous manquiez de ceci et de cela montre que vous n'êtes pas même la moitié de la moitié d'un homme. Mais parce que, même sans honneur, même sans coeur, le quart d'un homme reste debout, « Michel Dubost », ce nom de rien qui est le vôtre, restera dans le langage universel comme un synonyme « d'homme couché ».
Que vous déshonoriez une Église qui, depuis la nuit des temps, préfère flatter la foi des nantis qu'apaiser la souffrance des pauvres, peu me chaut. Mais que par votre nationalité et votre position, vous donniez à penser que les habitants du pays qui est le mien ne soient pas capables d'être du côté des plus faibles, voilà qui est trop.
A présent je peux vous le dire : « Monsieur », ce mot que l'on donne par habitude à tous les hommes, j'ai hésité à vous en faire l'honneur en introduction de ce courrier, vous qui n'êtes un homme que par le hasard de la génétique.
Commentaires
1. Le samedi 06 octobre 2007 à 22:10, par jeannine
2. Le samedi 06 octobre 2007 à 22:35, par étienne fillol
3. Le dimanche 07 octobre 2007 à 09:31, par eva_bien
4. Le lundi 08 octobre 2007 à 10:11, par Michel Gros
5. Le lundi 08 octobre 2007 à 10:53, par jeannine
6. Le mardi 09 octobre 2007 à 10:13, par Baillergeau
7. Le mardi 09 octobre 2007 à 14:03, par jeannine
8. Le jeudi 11 octobre 2007 à 20:27, par Henri-Pierre
9. Le lundi 09 juin 2008 à 11:50, par arnaud
10. Le lundi 28 juillet 2008 à 14:38, par zennzo
11. Le lundi 22 septembre 2008 à 22:49, par Jerome83
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