Monsieur le Ministre de l'Intérieur,

En matière d'immigration, séparer le bon grain de l'ivraie s'apparente à de l'eugénisme social, pour ne pas dire racial. Que votre modèle absolu, les États-Unis le fassent, imités par les canadiens ou les néo-zélandais, n'est en rien un gage de bonne conduite. A dire vrai, dès que vous avez une idée, j'ai peur. Quand vous parlez, je tremble de honte à l'idée que des pays voisins pourraient entendre.

Choisir, c'est se priver.

Selon vos critères pseudo-économiques, auriez-vous accueilli en France les parents de Zinedine Zidane ? Aldo Platini, le père de l'autre ? Marie Skłodowska, devenue Curie et double prix nobel ? Les parents de Djamel Debouze ? Ceux de Serge Gainsbourg ? Georges Charpak, autre prix nobel ? Alfred Sisley ? Ma grand-mère maternelle, italienne devenue française par mariage ?

Monsieur le Ministre, nous n'habitons pas la même France : la mienne aime son prochain, la vôtre en a peur. La mienne le cherche, la vôtre s'en détourne. Croyant grandir le pays, vous le rapetissez, le rabougrissez, l'enfermez dans un esprit étroit, le repliez dans un mouchoir que vous voudriez voir tenir dans votre poche. Prétextant servir la République, vous la piétinez, foulez aux pieds nos droits fondamentaux, ceux de l'Homme.

Selon mes critères, Monsieur, soyez assuré que jamais, au grand jamais, je n'aurais accorder de visa à votre hongrois de père qui a engendré un ennemi de notre République.