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ce blog est alimenté par étienne fillol (92, hauts-de-seine), sauf billets indiquant une mention contraire

dim
26
fév ' 06

L'Europe selon Villepin et Breton


Après les vives réactions du gouvernement français suite à la tentative d'OPA hostile du (soi-disant) indien Mittal sur le (pseudo) français Arcelor, voici que le gouvernement tente de contrecarrer les plans de rachat de Suez par l'italien Enel en fusionnant GDF et Suez. Deux simples remarques sur ce sujet :

1°) L'Etat détient 80% de GDF et la loi lui interdit actuellement de descendre sous la barre des 70%. Quelle belle opportunité pour ce gouvernement libéral de profiter de cette vilaine action italienne pour changer la loi et abaisser la participation de l'état dans le groupe ainsi constitué à une simple minorité de blocage, soit un tiers des actions ! Le tout sous couvert d'esprit chevaleresque pour sauver la patrie en danger. Ce doit être ce que l'on appelle l'auto-régulation du marché; la nature est tout de même bien faite, n'est-ce pas ?...

2°) Ce même gouvernement qui a traité les opposants à la constitution européenne, lors de la campagne référendaire au printemps dernier, de frileux, voire d'anti-européens rétrogrades, ne tolère soudainement plus le rapprochement entre une entreprise italienne et une française. Quel bel exemple d'esprit européen !

sam
18
fév ' 06

La stupidité est-elle un droit ?


Libération a publié hier, 17 février 2006, une tribune dans laquelle l'auteur, Emmanuel Poncet, compare la ligne de défense adoptée par le juge Burgaud pendant sa récente audition par la Commission Parlementaire à celle d'Adolf Eichmann lors de son procès en 1960. Extraits :

  • Il ne s'agit ni d'assimiler le juge Burgaud à Eichmann [... mais] simplement de relever quelques analogies troublantes. Et dégager un profil psychologique courant [...] : le jeune cadre obéissant.
  • Malheureusement pour lui [...], ses propos résonnent singulièrement, et presque terme à terme, avec ceux d'Eichmann lors de son procès. Face au président Landau qui lui demande s'il se sent coupable, le cadre nazi élude : J'ai fait mon devoir, conformément aux ordres. Et on ne m'a jamais reproché d'avoir manqué à mon devoir.
  • Quarante ans plus tôt, les tragiques maladresses d'Eichmann cachaient mal l'impossibilité foncière de reconnaître une faute qu'on pense sincèrement n'avoir jamais commise.

Ce parallèle pseudo-historique est inacceptable. Il ne s'agit absolument pas de défendre Fabrice Burgaud, mais publier cet article dans un journal à fort tirage est tout de même un tissu d'inepties qu'il convient de relever :

1°) D'un point de vue général, comparer deux lignes de défense dans deux histoires qui n'ont pas le moindre point commun -et qui plus est à quarante cinq ans de distance- relève plus d'une étude psychologique de comptoir que du débat d'idées.

2°) Tout au long de cette tribune, Emmanuel Poncet écrit comparaison n'est pas raison, mais.... Mais il fait tout de même reposer tout son raisonnement sur ces comparaisons... Signe évidente d'une pensée de faible altitude.

3°) Enfin, et surtout, au cas où cela lui aurait échappé, il est important de préciser à Emmanuel Poncet qu'Eichmann était l'inventeur de la Solution Finale, celui qui a pensé et organisé toute la logistique des déportations. Le comparer à un jeune juge frais émoulu de ses études -même s'il est nul, même de mauvaise foi-, est invraisemblable. Au contaire de Burgaud, il n'était pas un parmi plusieurs milliers, mais une tête pensante et dirigeante. Cela change tout et les lignes de défenses ne peuvent donc s'apprécier de la même façon.

Le Garde des Sceaux, Pascal Clément, a décidé de porter plainte contre Libération. Je lui donne raison. Le sentiment diffus qui prédomine après avoir lu cette tribune, ce que l'on en retient, c'est Burgaud = Eichmann. Ce n'est peut-être pas ce qu'a voulu écrire l'auteur, mais tout de même...

Quoiqu'on en dise, la liberté d'expression a des limites. La question est de savoir où placer le curseur. Mon avis est que la liberté d'écrire s'arrête là où la bêtise commence. Emmanuel Poncet aurait du arrêter.

ven
17
fév ' 06

A droite de ses bottes


Georges Frêche dérape encore. En tenant des propos dignes du Front National à l'encontre de représentants des harkis, il fait montre pour la énième fois d'une attitude indigne, non seulement de la gauche, mais de la classe politique toute entière.

Et là encore, le Parti Socialiste se déshonore en n'excluant pas de son sein cet individu méprisable, condamnant du bout des lèvres, acceptant l'inacceptable.

mer
01
fév ' 06

Malentendants congénitaux


Le Parlement Européen s'accroche à la constitution européenne et envisage de faire revoter français et néerlandais sur le texte rejeté au printemps 2005 par ces derniers. Bel exemple de surdité !

Europe toujours, Commission Européenne cette fois : Poussée par le puissant lobby des grands éditeurs de logiciels, la commission européenne revient à la charge depuis quelques semaines en tentant de nouveau de faire passer l'idée des brevets logiciels, pourtant repoussée à une écrasante majorité du Parlement Européen en juillet dernier. Surdité, vous disais-je... (NB : à ce propos, lire ou relire l'article que j'avais écrit il y a quelques mois sur les tenants et les aboutissants du projet de brevetabilité des logiciels).

Gouvernement français : désopilant Thierry Breton, Ministre de l'économie, ex patron de France Telecom, chantre du libéralisme économique le plus abouti (traduire par sauvage) qui s'insurge, s'offusque, se froisse, considère inaceptable, bref, en un mot refuse l'OPA de l'indien (?) Mittal Steel sur le français (?) Arcelor. Il vaut mieux entendre cela que d'être sourd.