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ce blog est alimenté par étienne fillol (92, hauts-de-seine), sauf billets indiquant une mention contraire
Par Etienne FILLOL,
vendredi 23 mai 2008 à 20:10
::politique
Mon camarade, voisin et ami, Pascal Buchet, Maire socialiste de Fontenay-aux-Roses (92) et Conseiller Général des Hauts-de-Seine, est à l'initiative d'une lettre à Nicolas Sarkozy et d'une pétition en faveur du droit de vote des étrangers aux élections locales.
En ces temps de recherche de bouc-émissaires, de fustigation de la différence, de traque aux sans-papiers, est-il utile que je te dise, cher lecteur, comme j'espère ta signature ?
Par Etienne FILLOL,
lundi 12 mai 2008 à 17:54
::politique
Le recul des libertés devient quasiment routinier en France.
En la matière, édifiant est le dernier exemple en date : le décret n° 2008-426 du 30 avril 2008 relatif au passeport électronique qui, en substance : impose la biométrie dans les passeports français, instaure une base de données centrale des empreintes digitales et oblige les mairies à s'équiper de machines coûteuses.
Conséquences ? La démocratie est bafouée, les libertés individuelles reculent, la sécurité ne progresse en rien et... 100 millions d'euros de l'État qui vont faire d'heureux actionnaires privés.
Démonstration.
1. America mon amour
Les États occidentaux se sont emparés du 11 septembre 2001 pour donner libre cours à leurs envies sécuritaires. C'est vrai aux USA, ça l'est aussi au Royaume-Uni, en France et ailleurs. Partout, des lois plus ou moins liberticides ont été prises au nom de la « nécessaire » sécurité des citoyens, des menaces que feraient peser sur la paix les djihadistes de l'islam. Rappelons en France cette « loi pour la sécurité intérieure » (mars 2003), poussée par Nicolas Sarkozy, alors Ministre sécuritaro-compulsif de l'Intérieur qui naviguait sur les peurs pour réduire le champ des libertés[1].
A la remorque des États-Unis dans ce domaine, comme dans de nombreux autres, l'Europe oblige donc ses pays-membres à adopter des lois toujours plus restrictives dans le domaine des libertés publiques. C'est ainsi que quand l'administration Bush impose le passeport biométrique à ses visiteurs, Le Conseil européen[2] met aux normes américaines les passeports européens : photos numériques à mettre en œuvre sous 18 mois et empreintes digitales sous 36 mois.
2. Démocratie mon amour
Aujourd'hui, au moment même où une réformounette de la constitution prétend renforcer les pouvoirs du parlement[3], le gouvernement libertiphobe de Sarkozy adopte tranquillement un élément aussi important que le passeport biométrique... par simple décret[4] ! Sans débat, sans que cela soit soumis à la représentation nationale. Pourtant, le sujet est d'importance. Il l'est tellement que la Commission Nationale Iinformatique et Liberté n'a pas eu de mots assez durs pur le fustiger[5].
En particulier dans sa Délibération n°2007-368 du 11 décembre 2007, la CNIL « considère [...] que l’ampleur de la réforme qui se dessine et l’importance des questions qu’elle peut soulever justifieraient que, comme elle l’a rappelé à plusieurs reprises, le Parlement en soit saisi sous forme d’un projet de loi, qui lui serait préalablement soumis pour avis. »
Que le gouvernement transcrive en droit en français les directives européennes ne peut évidemment lui être reproché. Mais, en l'espèce il va de nouveau bien plus loin que ce que demande de Bruxelles[6] (qui, rappelons-le une nouvelle fois, est elle-même aux ordres de Washington...)
La CNIL souligne pourtant explicitement « les usages possibles de ces traitements et des risques d’atteintes graves à la vie privée et aux libertés individuelles », rien que cela ! Car l'Europe n'en demandait pas tant, mais le gouvernement français a décidé de créer une base centrale des données biométriques où tout détenteur de passeport sera donc fiché.
Bienvenue dans le meilleur des mondes sarkozystes...
4. Biométrie pipeau ou le syndrome Star Trek.
Alors, me direz-vous, après tout on peut accepter de réduire volontairement ses libertés pour plus de sécurité...
Le Capitaine Kirk ouvre les portes de son vaisseau du futur avec son doigt ou son oeil ? L'inconscient populaire ne peut donc que croire en cette technologie d'avenir. Après tout, le doigt est unique donc la fiabilité est absolue.
Oui.
Sauf que non.
Car n'importe quel enfant de CM1 peut falsifier des empreintes ! Vous en doutez ? Lisez donc la suite :
La CNIL elle-même « estime que ledit dispositif ne paraît pas constituer, en l’état, un outil décisif de lutte contre la fraude documentaire ». En clair, on limite les libertés sans que la sécurité ne s'en trouve renforcée !
Vous doutez encore ? Lisez ce qu'écrit Bruce Schneier, spécialiste de la sécurité des systèmes informatiques, à propos de la biométrie : certes pratique mais très facilement falsifiable.
Vous doutez toujours ? Ceci devrait finir de vous convaincre : un groupe de hackers allemands montre en vidéo comment usurper l'empreinte digitale d'un autre. Un enfant de CM1, disais-je...
Alors ?
Enfin, si vraiment rien ne vous dérange dans tout ce qui est écrit dans cet article, peut-être serez-vous alors sensible au fait que cette « plaisanterie » coûtera aux contribuables français la bagatelle de 100 millions d'euros, notamment en matériels spécifiques destinés aux mairies pour la prise de photographies et le relevé d'empreintes digitales...
Par les temps qui courent, l'argent pour la solidarité envers les plus démunis semble difficile à trouver. Celui pour attenter aux libertés de tous est lui vite dépensé.
Le passeport biométrique vous rassure ? Pensez donc à ces tonnes d'argent public dépensé pour vous ficher, sans débat ni la moindre efficacité.
A lui seul, ce sujet est un résumé de l'action du gouvernement Sarkozy/Fillon.
Notes
[1] Même si l'affaire est grave, comment ne pas rire devant cet article de loi qui prévoyait des fouilles policières en règle des coffres de voitures... quelques mois à peine après « l'affaire » du bagagiste de Roissy ?
Par Etienne FILLOL,
dimanche 27 avril 2008 à 16:58
::politique
Déjà, dans Coke en Stock, sous la ligne claire d'Hergé, il y avait au fond de la cale des navires des clandestins en quête de travail, même sale, même sous-payé, même provisoire, dans un monde de lait et de miel. Déjà les armateurs jouaient les vierges effarouchées, les quartiers-maîtres feignaient l'étonnement devant le contenu des soutes.
Rien n'a donc vraiment changé depuis 1958.
Depuis quelques semaines, les clandestins ont quitté la cale pour rejoindre le pont. Au risque de se transformer en cibles faciles pour la milice de Brice Hortepen™. Au risque sciemment mesuré de devoir retourner à la misère de l'Afrique qu'ils avaient préféré quitter pour tout juste nourrir leur famille.
Car au SΔrkΘhstan™, la traque est devenu la règle : que ce soit du chômeur-fainéant, du RMIste-tire-au-flanc ou du sans-papier-parasite[1] : le principe est de pousser le plus démuni dans ses derniers retranchements. Tant est si bien que, comme les condamnés à mort n'ont plus rien à perdre, les plus faibles d'entre nous comprennent que pour s'en sortir, il va leur falloir tenter l'impossible, dans le vacarme le plus assourdissant possible.
Tout cela finira donc très mal. Le capitalisme financier et la conjoncture économique suffiraient à générer le désordre social. La politique du bouc-émissaire, cette stratégie de la peur, de la dénonciation de Sarkozy et sa horde accélèrent le processus. Non, décidément, rien de bon ne peut découler de ce que nous vivons depuis un an, cette politique du couteau sous la gorge qui conduit des hommes à jouer leur va-tout.
C'est donc le cas de ces sans-papiers qui sortent de leur habituelle tenue transparente de citoyens-fantômes pour endosser celle de militants. Militants de leur propre cause c'est vrai, mais il est de notre devoir d'hommes de gauche de prendre à notre compte ce costume qui serait trop grand pour eux s'il n'était relayé par les syndicats, les partis, les associations et finalement les citoyens.
Oui, la peur engendre de la force. Sarkozy, s'il avait l'intelligence des hommes, le saurait et s'en inquièterait.
Car la vérité, c'est que seuls des immigrés acceptent certains boulots sous-payés. La vérité, c'est que seuls des clandestins tolèrent des boulots pire encore. La vérité, c'est que les entreprises y trouvent leur compte, contrairement à ce qu'essaient de nous faire penser leurs soudaines protestations de bonne foi.
Non, rien n'a changé depuis les albums de Tintin des années cinquante : Entendre des patrons se déclarer prétendument au côté des grévistes sans-papiers pourrait faire sourire si le cynisme n'en n'était le moteur. Car ces chefs d'entreprises ne partagent avec leurs employés que la peur : celle de se faire condamner pour travail illégal ! Croire à un subit élan d'humanisme ou un quelconque intérêt économique relève de la naïveté la plus invraisemblable. Qui peut sérieusement les imaginer bernés en masse par des africains érigés en faussaires de génie ?
Démonstration implacable dans l'article d'hier sur lemonde.fr : On y lit ceci : « Cyril Jagoury, le jeune directeur général de Millenium [à Igny, Essonne], 300 employés, 4,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007, se dit "extrêmement surpris" par cette occupation des locaux. "C'est psychologiquement difficile, ce qui nous arrive", lance-t-il. »
Incroyable mais vrai ! Des sous-citoyens, sous-payés et sous-considérés, qui vivent dans la peur permanente des rafles d'Hortepen™, sont conduits en dernière extrémité à sortir de la clandestinité en risquant tout simplement que leur vie bascule... mais le DG de Millenium nous fait part de ses difficultés psychologiques, un mouchoir à la main !
Léger problème pour lui : quelques lignes plus loin, des ouvriers expliquent par le menu comment l'entreprise ferme tranquillement les yeux sur la situation de ses employés, qu'elle connaît parfaitement.
Les patrons en naïfs escroqués ? C'est le jeu des sept familles : dans la famille « Faux-culs », je voudrais la mère...
Notes
[1] Sans parler du fonctionnaire-poids-mort, etc. Liste bien entendu non exhaustive...
Par Etienne FILLOL,
mercredi 23 avril 2008 à 12:47
::médias
11 avril 2008, Jean-Pierre Elkabach, dans une interview à la Croix, s'en prend à Internet : « Une information lancée sur le Net peut être reprise par tous les médias hexagonaux, voire internationaux. À l'ère de l'immédiateté, de l'apparence, de la dictature de l'émotion, la contagion est générale. Il faut bien comprendre que cette mécanique emporte tout le système médiatique, et, avec lui, l'indispensable respect de la vie privée, de la dignité, de l'intimité. Le système est empoisonné par des sites qui, pour exister, pour faire un coup, pour nuire à un adversaire, lancent des rumeurs, des fausses informations, des ragots, des nouvelles non vérifiées. La tentation est grande pour des sites de taper fort afin de se faire entendre. »
Pour lutter contre cette dérive, il annonce la création d'un comité d'éthique à Europe 1.
21 avril 2008, Jean-Pierre Elkabach impose à sa rédaction, celle d'Europe 1, d'annoncer la mort de Pascal Sevran, malgré les réticences de cette dernière devant l'invérifiabilité des sources qui s'avèreront quelques minutes plus tard frelatées.
Je reprends doucement et calmement une phrase que je viens à peine de te livrer, cher lecteur :
Elkabach
annonce
la
création
d'un
comité
d'éthique.
(Applaudissements s'il vous plaît)
(rires)
(fin des rires, un peu de charité humaine, que diable !)
C'est à cet instant qu'il me revient en mémoire qu'Europe 1 est dirigé par l'ineffable Elkabach et se trouve être la propriété du fils Lagardère.
C'est alors qu'il me souvient que le "fils-de" se trouve également être le frère auto-proclamé du Guide Suprême de la Sarkolution™ .
C'est alors qu'il convient de se souvenir qu'Alain Genestar a été viré il y a quelques mois de Paris Match par le même Lagardère pour avoir sorti une information qui n'avait pas eu l'heur de plaire à Monsieur Sarkozy, crime parmi les crimes.
Oh! je te rassure, cher lecteur qui t'inquiètes pour la place d'Elkabach : il ne lui arrivera rien, absolument rien. Dans n'importe quel pays du monde, Le fautif aurait trois minutes pour faire ses valises et quitter le média qui l'emploie, en demandant au peuple de lui épargner une trop grande souffrance au moment de sa lapidation en place publique... Mais dans notre beau SΔrkΘhstan™, que nenni ! Un journaliste bidonnant et pris les mains dans le pot de confiture n'est qu'un journaliste parmi d'autres... quand il ne donne pas en plus des cours de déontologie à la terre entière comme Elkabach quelques jours à peine avant son exploit.
Car au SΔrkΘhstan™, la déontologie d'un journaliste ne se mesure pas à l'aune de sa droiture morale ou son professionnalisme mais au degré de révérence envers le Président de la République.
Reconnaissons donc ensemble qu'Elkabach ne peut être qu'être déclaré déontologue distingué.
Par Etienne FILLOL,
lundi 14 avril 2008 à 23:11
::médias
A Paris, prendre le métro est un plaisir. Le lire en est un plus grand encore. Métro, ce journal gratuit dont le niveau général dépasse difficilement celui d'une rédaction d'élève dyslexique de CM2, divertit quotidiennement des millions de lecteurs.
L'édition du jour ne déroge pas à la règle. Le duo que forme aujourd'hui ce journal avec le trafiquant de sondages OpinionWay a formidablement agrémenté mon voyage matinal sur le ligne 6. Étoile-Nation, une bonne tranche de rire, rien de tel pour commencer sa journée... un coup à louper sa station.
En double page intérieure : « le baromètre politique réalisé par OpinionWay pour Métro ». N'est-ce pas là aguichante lecture pour un voyageur désœuvré ? Un coup d'œil sur le tableau des personnalités de gauche dont la popularité est testée : Tous voient leurs « opinions favorables » monter. Un autre coup d'œil aux membres du gouvernement : tous baissent... et pas qu'un peu ! Conséquemment, l'analyse est assez simple : ce gouvernement nullissime est massivement rejeté par les Français qui , par effet de vases communicants se reporte sur l'opposition.
Pas de quoi réveiller un éditorialiste qui dort.
Oui, mais avec OpinionWay, tout devient possible, comme le prouve « l'analyse » qui introduit l'article. Car oui ! « Analyse », c'est ainsi que Métro a choisi de titrer, sans honte, le gag que je vais t'exposer derechef, cher lecteur.
Premier amusement, l'analyste Bruno Jeanbart (qui se trouve, c'est un hasard, travailler à OpinionWay) constate du bout des lèvres la baisse du Président de la République dans l'opinion tout en modulant aussitôt cette baisse par le rappel que « d'autres instituts de sondages le placent en légère hausse » : Voilà qui n'est pas banal que de commencer par citer ses concurrents pour atténuer son propre travail !
Admire avec moi le fabuleux « Pour remonter, il lui faudra confirmer sur le moyen et long terme sa nouvelle manière d'incarner la fonction présidentielle, plus sobre. Et aussi attendre que les Français ressentent les effets des réformes ». Car Bruno Jeanbart ne s'interroge pas sur les effets des réformes, Bruno Jeanbart attend ces effets sans douter un instant du bonheur qu'elles apporteront. Car Bruno Jeanbart le sait : si ce con de Français n'admire pas Sarkozy à sa juste valeur, c'est qu'il ne comprend pas le génie absolu de ses réformes. Quand il prendra la mesure de la profondeur historique de la pensée du Guide Suprême, alors ce con de Français repinaclera Sarkozy, il pleurera tout ce qu'il pourra pour le panthéoniser.
Vient le tour de François Fillon : Le mèchu Premier Ministre perd 4 points d'opinion favorable. Jeanbart le précise à contrecœur tout en corrigeant aussitôt par un superbe « son image personnelle reste bonne ». Ben voyons ! Le gars s'effondre dans le sondage, mais ce n'est pas lié à sa personne ni à sa politique, mais certainement à la couleur de la tapisserie ou la texture de ses chaussettes !
Puis, la génialissime capacité d'analyse du Jeanbart se porte sur les ministres :
Darcos perd 12 points ? Aussitôt, celui que le Financial Times veut à tout prix engager au mercato corrige : « il dirige un ministère très compliqué et cette baisse n'est pas complètement anormale ».
Bertrand perd 7 points ? Diantre, Jeanbart tempère : « L'actualité sociale est compliquée et il intervient sur beaucoup de dossier à la fois ».
Borloo chute de 7 points ? Jeanbart, corsaire des mers droitisantes, sort son explication miracle, qu'il faut lire et relire pour le croire : les déclarations de Nathalie Kosciusko-Morizet !
Allez, inutile d'en dire plus, même les plaisanteries les meilleures doivent trouver une fin.
En vérité je vous le dis : OpinionWay est un bon petit soldat du sarkozysme. Il a tout de même un tout petit défaut : cela se voit tellement que le travail pourrait finir par être contre-productif.
Changement à Daumesnil, ligne 8, direction Créteil. Merci Metro.
Par Etienne FILLOL,
dimanche 13 avril 2008 à 16:42
::politique
« Conseil de modernisation des politiques publiques ». L'appellation respire le bon sens. Qui ne souscrirait pas à la modernisation ? La réponse à cette question est simple : ceux qui s'y intéressent ! Car au vrai de quoi parlons nous ? D'une mascarade :
A commencer par la composition de ce prétendu « conseil » : il s'agit ni plus ni moins du gouvernement et de quelques obscurs satellites venus... de l'Elysée ou de Matignon ! En fait de « conseil », c'est le gouvernement qui vous parle. L'arnaque intellectuelle ne serait que de peu d'importance si elle ne cherchait à se parer de vertus d'indépendance qu'elle n'a pas. Elle prétend de surcroit s'appuyer sur des audits dont les buts avaient été fixés préalablement.
Mais surtout, le vocabulaire utilisé parle plus que les mesures elles-mêmes : A commencer par le titre « RGPP », Révision Générale des Politiques Publiques, dans lequel tout n'est que diminution, suppression, économie, taille dans les moyens, etc. On prétend faire mieux pour en vérité faire moins. Tout est dans cette fameuse phrase reprise ici, credo de Ségolène Royal pendant la campagne : « un euro dépensé doit être un euro utile ». Ou comment faire passer « moins de service » pour du « mieux géré ». Phrase à double entrée qui prétend être frappée au coin du bon sens (qui voudrait gâcher l'argent public ?...) quand en réalité il s'agit pour l'Etat de ne s'occuper que du strict minimum, de réduire ses prérogatives et offrir le service public au laisser-faire.
En espéranto libéral, cela porte le doux nom de R-E-F-O-R-M-E : 350 occurrences de ce mot dans le document détaillant les 166 mesures préconisées. Ce n'est plus de l'insistance, c'est du bégaiement ! En fait de réforme, répétons-le, il n'est pas utile d'en lire l'intégralité pour comprendre qu'il ne s'agit que de réduire le service public à sa plus simple expression, sous couvert de rationaliser, de M-O-D-E-R-N-I-S-E-R.
Moderniser ? 165 occurences dans ce même document. L'insistance est trop grosse pour qu'on puisse croire aux atours de ce mot.
Et de fait, au fil des mesures détaillées, « moderniser » se traduit par exemple par :
La suppression d'emplois aidés : « Les contrats aidés seront limités aux seules personnes très éloignées de l’emploi[1] ». Aider moins les plus exclus, c'est cela la modernité.
Avant le soudain demi-tour de cette semaine, la suppression de la carte famille nombreuse qui était décidée, remplacée par de fumeuses réductions commerciales à l'appréciation de l'entreprise publique, le tout étant inscrit dans le catalogue des 166 mesures à la section... « développement durable » ![2] Aider moins les plus pauvres, c'est cela la modernité.
L'abaissement du plafond de ressources HLM de 10 % : Nicolas Sarkozy a appuyé la mesure, vendredi en déclarant vouloir limiter le nombre de Français pouvant prétendre à un logement HLM : « La part des ménages français pouvant prétendre à un logement HLM est de 70%" contre 60% il y a dix ans. Nous allons corriger cet effet pour éviter d'allonger inutilement la file d'attente des logements sociaux ». En clair : pour réduire une file d'attente et plutôt que de répondre aux demandes, on enlève des gens de la queue et on est fier d'annoncer une meilleure efficacité. En attendant, les classes moyennes qui souffrent déjà de loyers incroyablement élevés seront de moins en moins éligibles au parc social. Et la mixité sociale, par voie de conséquence en prend pour son grade. C'est aussi cela la modernité.
Dans la catégorie « un état tourné vers les usagers » on découvre (je n'invente rien !) : « il sera procédé à l’installation de sas biométriques automatiques dans les grands aéroports, permettant un meilleur accueil des voyageurs ». Définitivement, j'aime la modernité...
Sans oublier, nous l'avons appris il y a quelques mois, que supprimer des tribunaux dans les campagnes et enlever du service public dans les villages, c'est aussi moderniser.
Même effets sur les hôpitaux qui ne sont modernes que s'ils sont le plus loin possible des français les plus isolés. Il est vrai que demander à un vétérinaire, Gérard Larcher, un rapport sur la réforme des hôpitaux est un symbole explicite sur la façon dont on envisage les malades sous un gouvernement de droite...
Dans ce contexte, que penser de l'explosion du budget « Réceptions » au Ministère de Madame Rachida Dati dont la multiplication des petits fours coûte des centaines de milliers d'euros aux contribuables que ce gouvernement prétend défendre par des mesures anti-sociales de réduction des dépenses ?
Dans la même veine, les 206% d' augmentation de salaire que Nicolas Sarkozy s'est auto-attribué à son arrivée à l'Elysée prennent une saveur particulièrement amère.
La France, ce pays où les SMICards, les chômeurs les RMIstes et les malades paient pour les autres.
Notes
[1] A traduire en langage intelligible par "il faut se calmer sur les aides à ces fainéants de chômeurs."
[2] Petit rappel opportuns : nos amis chasseurs d'économies se vantent du fait que « La démarche repose sur la combinaison de l’audit et de la décision politique. Vingt-six équipes d’auditeurs, composées de fonctionnaires issus du corps d’inspections et de consultants privés, soit plus de 300 personnes, sont mobilisées. » Résultat ? A la première polémique venue, le travail implacable de nos experts infaillibles est remis en cause...
Par Etienne FILLOL,
samedi 05 avril 2008 à 11:21
::politique
« Douce France, cher pays de mon enfance... »
Joinville le Pont (Val-de-Marne) : un Malien de 29 ans se tue en se jetant dans la Marne après avoir tenté de fuir la Brigade Anti-Criminalité qui voulait contrôler son identité. Mais l'homme n'a pas d'identité puisque clandestin. Premier crime. Et la BAC n'aime pas qu'on n'ait pas d'identité. Elle n'aime pas ça du tout. Et la BAC n'aime pas non plus qu'on voyage dans le RER sans son passe Navigo. C'est quelque chose qu'elle ne supporte pas, la BAC. Second crime. Si l'on ajoute à cela un délit de fuite comme troisième entrave au bon fonctionnement de la police française, le fuyard l'aura somme toute bien cherché. Non la BAC n'aime décidément pas qu'on lui résiste.
« ... bercée de tendre insouciance... »
Mayotte : Pendant que des uniformes expulsent manu militari et à tours de bras des indigents anjouanais venus chercher de quoi vivre (de peu) sur l'île française, notre gouvernement assure à la Réunion la protection du dictateur déchu d'Anjouan, le Colonel Bacar.
Le SΔrkΘhstan™ ordinaire en somme : tolérance zéro pour les faibles, impunité totale pour les puissants.
Par Etienne FILLOL,
mercredi 02 avril 2008 à 16:53
::politique
Non, mais sans rire, les enfants : qu'est-ce qu'on en a à foutre des règlements ? Quel est le poids d'une loi à côté de celui d'un bulletin de vote ? Un poids ? Que dis-je, une pesanteur ! Il faut se débarrasser de ces archaïsmes législatifs qui nuisent de toute évidence à l'efficacité de l'État.
La droite a un programme à appliquer, elle ne va tout de même pas se laisser freiner par des bouquins aussi poussiéreux qu'absurdes, du type code électoral, civil, rural ou pénal, tout de même !
Élu par le peuple sur des propositions, ainsi validé par la toute puissance démocratique –ces 53,06 % qui autorisent toutes les audaces–, au nom de quoi le Président de la République et sa horde seraient-ils empêchés de tracer le chemin qu'ils ont imaginé, fut-il illégal ?
Soyons concrets :
Il y a quelques semaines, le Président de la République demande au Président de la Cour de Cassation de trouver astuce de contournement du Conseil Constitutionnel, ce groupe d'imbéciles qui avait eu l'outrecuidance de refuser la rétroactivité de la loi sur la récidive. Dire que l'homme est un ancien avocat !
Il y a quelques jours, c'est le député UMP Georges Fenech qui imite son maître : invalidé par la juridiction suprême, ce groupe d'imbéciles qui avait eu l'outrecuidance d'annuler son élection comme député du Rhône suite à des comptes de campagne douteux[1], ajoutant au passage une petite année de bagne électoral[2], le filou en appelle aussitôt au Président de la République pour contourner le Conseil Constitutionnel. Dire que l'homme est un ancien magistrat !
Hier, nous apprenions par le Canard Enchaîné que Nicolas Sarkozy s'était tranquillement inscrit hors délai sur les listes électorales du VIIIème arrondissement de Paris. Un code électoral ? Où ça ? Quelle mentalité de fonctionnaire que de fixer une limite d'inscription au 31 décembre. Quant à l'exemplarité, vous voulez rire, chère Madame ?
La droite a un rapport très simple à la loi : En matière pénale, la législation doit être intransigeante avec les délinquants[3]. Pour le reste, la loi doit être réduite à sa plus simple expression pour ne pas nuire à l'initiative individuelle. L'exemple le plus caricatural est celui du code du travail que le MEDEF et l'UMP veulent, de conserve et dans un étrange élan commun, « simplifier », euphémisme qui au vrai signifie « démanteler ». La loi me gêne ? Changeons la loi. Car tel est mon bon vouloir.
A gauche, la loi, c'est le moyen d'assurer l'égalité, c'est un outil de vivre-ensemble, un pilier de la nation, c'est l'indispensable lien entre l'individu et la société.
A droite, où la société n'est vue que comme nuisible à l'individu, la loi est un archaïsme dont il faut se débarrasser. Le libéralisme, cet espace où le marché ne doit pas être entravé, s'oppose par définition à la notion même de loi.
Que tous ceux qui veulent gommer les clivages politiques, ou tout simplement les nier, pensent bien à cela avant d'imaginer que des bords incompatibles pourraient travailler ensemble pour le bien du pays[4].
Notes
[1] C'est le quatrième élu à se voir ainsi destituer depuis les élections législatives de juin 2007. Curieusement, mais sans doute est-ce là parfaite coïncidence, les quatre sont UMP. Toujours par un très grand hasard, la droite parlementaire demande aujourd'hui que les règles de financement de campagne soient « simplifiées ». Allez savoir si ceci n'expliquerait pas cela.
[2] ...pour bien souligner qu'il s'agit d'une infraction et non d'insincérité de compte.
[3] Vous allez pouffer avec moi : notre ami Georges Fenech, celui-là même dont il est question plus haut, a commis en 2001 un livre intitulé « Tolérance zéro » : n'est-ce pas là splendide illustration du propos ?
[4] Que l'on s'entende bien, mon propos n'est pas de dire que la droite bafoue systématiquement la loi quand la gauche la respecte partout, mais de mettre en lumière un rapport à la loi très différent, la première s'en méfiant là où la seconde la voit comme une protection
Par Etienne FILLOL,
lundi 31 mars 2008 à 11:31
::politique
... et pendant ce temps-là, Hélène Carrère d'Encausse, xéno-combattante aussi infatigable que décomplexée[1], est élevée par le Guide Suprême de la Sarkolution™ au rang de Grand Officier de la Légion d'Honneur. Ne pas condamner le racisme est une chose déjà détestable, mais que dire de celui qui le distingue ?!...
Non, vraiment, la xénophobie d'État n'est pas une simple vue de l'esprit. C'est une réalité française.
[1] Pour les plus oublieux, un simple rappel : parmi plusieurs de ses sorties médiatiques douteuses, en novembre 2005, elle s'exprimait ainsi dans un média russe pour expliquer les émeutes en banlieues : « Ces gens, ils viennent directement de leurs villages africains. Or, la ville de Paris et les autres villes d’Europe, ce ne sont pas des villages africains. Par exemple, tout le monde s’étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l’école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C’est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues. »
[2] ... et comme disaient les Béru : (Descendons dans la rue) ♫ "Solidarité - Avec les immigrés - Pensez aux expulsés - Qui s'battent comme des damnés - Nous sommes les réfugiés - De l'État policier" ♫♫
Par Etienne FILLOL,
jeudi 20 mars 2008 à 23:12
::politique
Hervé Gaymard, l'homme des grands espaces, a été élu Président du Conseil Général de Savoie. Mais qui connait la superficie exacte de ce département ?
La Côte d'Or n'est finalement pas passée à gauche : François Sauvadet a été élu à la tête de ce département bourguignon. La configuration originale issue des urnes (21 conseillers de droite, 21 de gauche et... 1 modem) garantissait pourtant, grâce à l'accord de la première heure de François Rebsamen à Dijon avec les bayrouistes, l'élection d'un socialiste. Mal vu : le modemiste est farceur, c'est même à cela qu'on le reconnait[1]. Bravo Monsieur le Ségoliste pour cette belle foirade.
Dans les Vosges, Christian Poncelet, par ailleurs Président du Sénat, entame à 80 ans son 10ème mandat. Sa secrétaire a du en prendre bonne note.
En Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg cumule[2], comme prévu. Tout va bien, certitudes en bandoulière, foi de sixièmiste.
La parité, elle, en prend un coup : quatre femmes seulement pour diriger les départements ! Parmi elle, zéro issue des rangs de l'UMP : Une prouesse.
Selon toute vraisemblance, les départements sont de bonnes planques. Une énième raison supplémentaire pour supprimer des institutions françaises cet échelon aussi inutile que budgetivore.
Notes
[1] Farceur est bien le mot : Dans son canton, ce Modem a battu un conseiller UMP. Quelques jours plus tard, il votait donc sans sourciller pour la présidence du Conseil Général... à droite ! Alors mon ami, on livre une bataille politique pour le seul intérêt de la place au chaud ?!...
[2] Comme Gaymard, Sauvadet et Poncelet qui sont eux aussi parlementaires. Sauf que ceux-ci n'ont pas prôné urbi et orbi l'abstinence.
Par Etienne FILLOL,
mercredi 12 mars 2008 à 17:09
::politique
Charles
On ne compte plus les procédures judiciaires qui visent Charles Pasqua. L'une d'entre elles vient de le conduire à la condamnation : 18 mois d'embastillement avec sursis pour faux, financement illégal de campagne et abus de confiance. Tout cela parce que le pauvre homme aurait, à son insu bien entendu, bénéficié d'un financement de campagne issu de la vente du Casino d'Annemase.
Certes il se trouve que le ministre qui avait préalablement autorisé l'exploitation dudit casino n'était autre que... Charles Pasqua lui-même[1]. Certes.
Tout cela fait dire à l'avocat de l'ancien ministre qu'il a la « totale certitude de l'innocence de M. Pasqua ». Bon sang mais c'est bien sûr...
Jean-François
Jean-François Copé, ci-devant président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale claironne : « On nous avait annoncé un tsunami, un vote sanction. A l'évidence, ça n'a quand même pas été le cas. Un seul chiffre: nous avons 120 députés UMP qui ont été soit élus, soit réélus sur environ 250 en lice ».
Selon toute vraisemblance, afficher le caractère ultra-cumulard des députés de droite est une véritable fierté chez Copé. Députés, Maires, Présidents de conseils généraux, régionaux, de communautés d'agglomération : tout est bon pour prouver que les élus de droite sont aimés. Et tant pis si l'on crache sur le non-cumul des mandats. Élémentaire, non ?...
François
Le Modem, ce grand n'importe quoi (que je qualifiais voici neuf mois d'hologramme, c'est-à-dire d'image virtuelle sans existence propre) qui n'a ni colonne vertébrale ni idée, qui se laisse ballotter au gré du vent et des alliances de circonstance, dont la ligne de conduite est guidée par le seul intérêt électoral, le Modem, disais-je, nous amuse décidément beaucoup. Son chefaillon atteint lui des sommets dans le rire.
Allié à la droite ici, à la gauche là, refusant toute alliance dans cette autre ville. Et pour tout cela, pas le plus petit début de justification politique. Jamais. Et pour cause, comment pourrait-il y en avoir une ? Mais heureusement, le Bayrou des Montagnes est venu nous parler ce matin et il a dit : « Je ne donnerai pas mon investiture à Aubagne. C'est la seule alliance [avec le Parti Communiste] que je n'accepte pas. Il faut que la tête de liste appartienne au courant démocratique républicain français ».
Grâce à Bayrou, nous apprenons donc aujourd'hui que le PCF, qui a été au gouvernement 15 ans au cours des 30 dernières années, n'est ni républicain ni démocratique. Magnifique ! Quel beau combat que la lutte contre le PCF en 2008. Quel homme ! Sabre au clair, il charge. N'écoutant que sa bravoure, le centriste dénonce. C'est Zola qui accuse, de Gaulle sur Radio Londres. C'est beau, c'est émouvant, on en pleurerait (si on avait le temps). Et d'ailleurs on en pleure (de rire).
Mais soyons tout à fait précis : dans des dizaines de villes, le Modem est embarqué dans une coalition avec le Parti Socialiste et le Parti Communiste sans que cela ne dérange le moins du monde le chef orange. Colistier de communiste : oui. Mais tête de liste communiste, non[2] ! C'est beau, les convictions politiques poussées à un tel paroxysme...
Décidément, à droite, le pain quotidien c'est bien le rire.
Notes
[1] Etant entendu que dans ce même dossier la Cour de justice de la République a entre les mains un dossier « Pasqua » de procédure pour corruption passive. Étant également précisé que l'un des bénéficiaires de la revente dudit casino a été condamné pour corruption active à quatre ans de prison, dont deux fermes.
[2] Le bayrouisme expliqué aux enfants, cela donne : Numéro 2 coco = bien. Numéro 1 coco = pas bien... Ce que l'on peut également traduire par le fait qu'un homme s'apprécie à son numéro de dossard et non à ses idées...
Par Etienne FILLOL,
mercredi 27 février 2008 à 07:52
::ville d'Antony
Ce n'est rien de dire que l'interview de Jean-Yves Sénant, actuel Maire d'Antony (Hauts-de-Seine), diffusée hier soir sur LCI[1], n'a pas donné lieu à une protestation véhémente lorsque la journaliste Hélène Devynck a interrogé l'impétrant sur le “système UMP du 92”.
Au vrai, Monsieur le Maire a implicitement admis ce système dans le département !
Échange verbal surréaliste :
«
- Est-ce qu'il y a un système UMP dans les Hauts-de-Seine, auquel vous appartiendriez ? - Non (pause...) je n'y appartiens pas. - Mais il y en a un ?... - Écoutez... lisez les livres sur le sujet. Moi en tout cas, je ne suis absolument dans aucun système, je gère la ville. - Ce que vous venez de dire est tout de même un aveu !
»
Ainsi parlait le maire d'Antony, Jean-Yves Senant, fidèle successeur de Patrick Devedjian et en campagne pour sa propre succession en mars prochain.
Un maire altosequannais en exercice qui se défausse en renvoyant à des enquêtes journalistiques dénonçant violemment le système politique (plus que) douteux de sa propre famille politique et mettant en cause jusque ses propres conseillers municipaux, voilà qui n'est pas banal !
Chez LCI, on n'en revient toujours pas d'avoir obtenu un tel aveu sans même avoir posé de question-piège.
Esprit de Charles Pasqua, es-tu là ?
Notes
[1] Dans le cadre de l'émission « Double oui-non »
Par Etienne FILLOL,
vendredi 22 février 2008 à 10:29
::politique
Le gouvernement pourrait remettre en cause le droit du sol à titre "exceptionnel" à Mayotte, a annoncé le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Christian Estrosi ce matin : "Nous pourrions prendre une décision exceptionnelle qui fasse que tout enfant né en situation irrégulière ne puisse réclamer son appartenance à la nationalité française", a-t-il déclaré sur France 2, rappelant qu'il y a "aujourd'hui à Mayotte, 30% de la population qui est en situation clandestine et irrégulière et que dans 10 ans elle pourrait être majoritaire".
"Pour l'instant, il n'est pas question de le rapporter à d'autres territoires français", a indiqué M. Estrosi. "Nous réfléchissons à cela pour le proposer au printemps dans une réforme spécifique".
Où nous versons à présent dans la loi d'exception ! Il fallait bien que cela arrivât avec ce gouvernement vichyste. Est-ce que cela vous rappelle quelque chose : "loi d'exception" ? A ce rythme, nous approchons tout doucement de la loi martiale. Les mots me manquent. Nous avons mis à la tête du pays une bande de cinglés qui a selon toute évidence décidé de démanteler, en force ou en douceur, tous les fondements mêmes de notre République. Droits, laïcité, libertés, tout y passe.
Car le droit du sol est bien un pilier de notre République… et on voudrait le remettre en cause "à titre exceptionnel" ? Oh ! bien sûr, personne ne s’en offusquera trop fortement: Après tout, Mayotte, c’est loin. Et puis, ce n’est pas vraiment la France… et puis les journaux disent bien que l’immigration clandestine est massive là-bas. Il faut bien faire quelque chose…
Présentée par Christian Estrosi ou son compère et néanmoins complice Brice Hortepen™, la Patrie serait mise en danger par les pirogues de clandestins qui accostent à Mayotte. Heureusement, notre ministre nous rassure immédiatement : POUR L'INSTANT, il n'est pas question de l'étendre à d'autres territoires. Merci de votre bonté, Monsieur le Ministre.
Loi d’exception. Tout est dit. L’expression se suffit à elle-même pour dégager l’idée générale du gouvernement en place.
Car les pédophiles seront exceptionnellement enfermés à vie. Je vous rassure c'est une exception.
Car à Mayotte, le droit du sol est exceptionnellement suspendu. Je sous rassure c'est exceptionnel.
Pour l'instant.
Car les pirates de l’internet seront jugés avant toute enquête. Je vous rassure c’est un cas très exceptionnel.
Car la loi de 1905 sur la laïcité doit être mise entre parenthèses. Je vous rassure, ce sera juste le temps de réintroduire du religieux dans la tête des enfants. C’est exceptionnel.
Car la règle policière est la traque des étrangers. Je vous rassure, c’est seulement le temps que le pays soit nettoyé de ces hordes pilleuses qui ont envahi nos villes. Dès que ce sera fait, nous retrouverons une conception droit-de-l’hommiste de l’accueil des étrangers. C’est exceptionnel donc.
Car s’il s’agit d’installer des caméras partout sur le territoire, je vous rassure : ce n’est que le temps de rétablir la sécurité des français. Exceptionnel en somme.
Non la vérité, c’est que j’essaie de prendre ce ton sarcastique dont je suis coutumier, cette forme d’humour qui me détacherait de la triste réalité de mon pays, mais je ne le peux plus. La honte m’est tant montée au front que l’humour, même noir, n’y suffit plus.
Non, la vérité, c’est que l’heure est plus grave qu’à l’instant de simples désaccords politiques : Quand les lois d’exception deviennent la règle, ce sont les libertés publiques et individuelles qui s’amenuisent. Peuple de France, il va très bientôt être temps de descendre dans la rue. Et je crains que cela ne se passe pas sans heurt.
Par Etienne FILLOL,
dimanche 17 février 2008 à 15:51
::ville d'Antony
Invité de Canal+ ce dimanche, Patrick Devedjian, ci-devant secrétaire général de l'UMP, jamais avare d'une bêtise, d'une approximation ou d'un franc mensonge, s'en est donné à cœur joie[1].
A propos de la primaire démocrate aux États-Unis entre Barak Obama et Hilary Clinton : « Une chose m'interpelle, on a vu aux États-Unis un fils succéder à son père à la présidence... est-ce qu'on va voir maintenant une femme succéder à son mari ? Ce serait une singulière république tout de même. »
Non, ami lecteur, tu ne rêves pas : l'individu qui tient ce propos est bien le même qui a installé sa propre femme en deuxième position sur la liste municipale à Antony, ville des Hauts-de-Seine dont il était Maire il y a peu de temps encore[2]. D'où l'on peut déduire que la liste UMP à Antony a, de l'avis de son propre chef, une singulière conception de la démocratie.
Car Patrick Devedjian combat le népotisme mondial mais le pratique allègrement à l'échelon local, celui de son propre intérêt, celui du cumul des mandats, des charges et des fonctions, pour lui ou l'un(e) des siens.
La fidélité absolue aux mœurs du SΔrkΘhstan™, en somme.
Notes
[1] Par charité, nous glisserons délicatement ici sur le fait que celui qui "militait" dans les années soixante à Occident, organisation musclée d'extrême-droite, vient aujourd'hui faire la leçon aux français sur le devoir de mémoire envers les juifs victimes de la shoah.
[2] Par charité, nous glisserons délicatement ici sur le fait que le fils Sarkozy a tenté cette semaine un pu-putsch dans la ville de son père.
Par Etienne FILLOL,
samedi 16 février 2008 à 19:27
::médias
Selon un sondage IFOP (dirigé par Laurence Parisot) commandé par le Journal du Dimanche (propriété d'Arnaud Lagardère), le candidat UMP l'emporterait à Neuilly-sur-Seine (où la droite l'emporte à chaque depuis la révolution française).
Selon un sondage IFOP (dirigé par Laurence Parisot) commandé par le Journal du Dimanche (propriété d'Arnaud Lagardère), le candidat UMP l'emporterait dans le 7ème arrondissement de Paris (où la droite l'emporte à chaque élection depuis la révolution française).
Mais que ferait-on sans cette presse libre qui nous informe au mépris de la vie de ses journalistes d'investigation, si pugnaces dans leurs enquêtes, jusqu'à soulever des lièvres énormes, jusqu'à briser de tels tabous.
En vérité, il ne faut plus se le cacher. Le peuple a droit de connaitre la réalité des choses. L'information prime sur tout.
Oui, grâce au Journal du Dimanche, cet élément central de la vie démocratique française, c'est maintenant clair pour tout le monde : les gens de droite votent à droite.
Par Etienne FILLOL,
dimanche 27 janvier 2008 à 09:49
::politique
Une étude réalisée aux États-Unis par le National Poverty Center (Université de Michigan) montre que les noirs sont les premiers employés licenciés en cas de retournement de la conjoncture économique[1]. En clair, au « pays où tout est possible », dès que ça sent moins bon, on vire les noirs pour garder nos blancs dans les usines.
J'imagine que c'est ce que les néo-libéraux appellent discrimination positive : choisir les noirs en premier pour prendre la porte ?
Ou flexisécurité : Flexibilité pour les noirs et sécurité pour les blancs ?
Rêve américain, mon amour ! Vivement que Sarkozy t'importe en France. Ce serait tellement formidable de voir un Barak Obama faire ses prêches christiques sur TF1.
Notes
[1] « Considerable evidence is presented that blacks are the first fired as the business cycle weakens. »
Par Etienne FILLOL,
mardi 15 janvier 2008 à 20:40
::politique
Travailler chez Renault, comme dans la plupart des entreprises, apporte un certain nombre d'avantages. Notamment, lorsqu'un employé de la marque au losange veut acheter une voiture, il peut bénéficier de quelques menus aménagements, comme un financement ou des tarifs préférentiels.
Quoi de plus normal pour des employés dévoués et qui poussent la fidélité jusqu'à acheter les voitures du patron ? De tous petits riens qui améliorent un quotidien.
Aussi est-ce en toute logique qu'au début de ce mois de janvier Antonio reçoit à son domicile un courrier commercial de son employeur Renault-Direction des Ventes aux Personnels, fièrement titré « Les bonnes nouvelles de 2008 » et qui incite le destinataire « à venir découvrir sans attendre les bonnes nouvelles dans [son] agence de ventes aux personnels ».
Pas avare de distribution de bonheur, Renault conclut ce courrier par un enthousiaste « Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2008. »
Seul petit détail, Antonio n'est plus employé de Renault. Et pour cause : il s'est suicidé sur son lieu de travail, le Technocentre Renault de Guyancourt, le 20 octobre 2006. C'est donc Sylvie, sa femme, veuve depuis plus d'un an, qui a ouvert ce courrier. Comme elle en a ouvert d'autres, du même tonneau, ces derniers mois. Comme la veuve de Raymond, un autre employé du Technocentre qui a lui aussi mis fin à ses jours à la même époque, en a fait de même. Comme d'autres veuves l'ont sans doute fait puisqu'Antonio et Raymond ne sont hélas! pas les seuls employés de ce site à avoir commis l'irréparable.
Tout cela sans que Renault ne juge utile de rayer Antonio et Raymond de la liste de ses employés. Sans que Renault ne puisse penser qu'un simple courrier impersonnel pouvait devenir une véritable torture. Au vrai, sans que Renault ne s'imagine réfléchir autrement qu'en euros.
Car visiblement, chez Renault, les voitures sont de l'or mais les hommes comptent pour peu : Au moment même de la « vague » de suicides au Technocentre de Guyancourt, le patron, Carlos Ghosn, déclarait : « Le monde doit fabriquer des voitures avec la même mentalité frugale que les Chinois et les Indiens, c'est une question de survie ». Oui, au moment même où, dans sa propre entreprise, certains mouraient de la pression insupportable que leur impose un système économique inhumain, le PDG de Renault vantait des systèmes plus moyenâgeux encore.
Au nom de la « survie » de l'entreprise qui importe plus que celle des hommes.
Comment alors s'étonner que des veuves soient rappelées à de douloureux souvenirs par des prospectus de mauvais goût ?
Par Etienne FILLOL,
mardi 08 janvier 2008 à 21:38
::médias
"Je souhaite que le cahier des charges de la télévision publique soit revu profondément et que l'on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques".
Bien sûr, j'aurais pu (j'ai failli) démarrer ici un long discours. Didactique. Pédagogue. Informatif. Explicatif. Imagé. Qui détaillerait pourquoi une telle décision, ce nouveau délire de Sarkozy, serait une erreur, une catastrophe, une très mauvaise nouvelle pour les médias, pour la presse... donc pour nous tous.
Au lieu de cela, contentons-nous de deux graphiques :
Au fait... Vivendi, Lagardère et autres groupes de médias ont vu eux aussi leur cours bien monter depuis quelques heures... C'est tout de même bien fait la nature.
CQFD.
Oui CQFD. En matière de service public, Sarkozy, c'est CQFD : Ce Qu'il Fallait Démanteler.
Par Etienne FILLOL,
vendredi 04 janvier 2008 à 11:54
::politique
Qu'on se le dise, le gouvernement de Sarkozy n'aime pas les emplois fictifs. Brice Hortepen™ encore moins qui se fait fort de donner du travail à ceux qui en ont abusé plutôt que les laisser dans une inactivité coupable : Offrir un emploi à ceux qui n'en n'ont pas, voilà la mission christique que s'est fixée le xéno-combattant de la France blanche, catholique et éternelle.
C'est pourquoi le Conseil des Ministres du 3 janvier 2008 est heureux de vous annoncer que Patrick Stéfanini a été nommé Sécrétaire Général du Ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Co-développement.
Énarque juppéiste qui navigue dans les eaux troubles de la chiraquie depuis des années, l'impétrant est surtout connu pour avoir été condamné en 2004 à 12 mois de prison avec sursis après avoir « occupé » un emploi fictif d’inspecteur général des comptes à la mairie de Paris. La belle époque du RPR triomphant[1]
Quant au poste de Secrétaire Général qui lui est attribué, il vient tout juste d'être créé. Incroyable, non ? On sent le vrai besoin, on ne peut imaginer un ministère fonctionner sans ce personnage... Il est vrai que le dénommé Stéfanini était déjà depuis mai dernier « conseiller » de Brice Hortepen™ : terme qui fleure bon la fonction vague et brumeuse de possesseur de bureau dans les beaux quartiers. D'ici à imaginer que Stéfanini conseille le Ministre sur le thème du travail clandestin dont il serait un spécialiste, il n'y a pas loin...
Et oui ! Sarkozy combat si fort les emplois fictifs qu'il s'est fixé une règle de leur offrir des postes. C'est cela « la politique de la civilisation » : aider les escrocs et dénoncer les chômeurs. Blanchir les bandits et salir les miséreux.
Recycler les condamnés du RPR pour mieux fustiger les voleurs d'auto-radios.
Notes
[1] Façon de parler : ce Stéfanini est un pur chat noir : Sur une liste RPR, il perd l'élection municipale de Nice en 1997 et est battu aux élections législatives à Paris en 1997 (18ème arrondissement) et 2002 (17ème arrondissement). Passez au large si vous voulez gagner une élection...
Par Etienne FILLOL,
lundi 24 décembre 2007 à 15:11
::politique
L'homme dit : « Je suis un élu chrétien, et par définition je suis contre le mariage homosexuel. C'est clair. »
Oui, je crois que c'est très clair. Difficile de faire plus explicite même.
Toutefois, afin que tout soit limpide, l'homme ajoute : « Dans la Bible, Dieu dit que [l'hommosexualité] est une abomination ».
Puis : «Si tout le monde se met à faire la même chose, tout le monde deviendra makoumé (ndlA : « pédé ») et plus personne ne fera d'enfants. Mais comment la population martiniquaise va se reproduire ? Moi, j'ai un problème là !»
Oui moi aussi, j'ai un problème là : Ces propos émanent de Raymond Occolier, élu socialiste de Martinique[1]. Une partie de ce discours est consultable dans une vidéo en ligne (le festival commence vers la troisième minute) : Non seulement ces mots sont explicitement homophobes mais encore portent-ils la marque d'un mépris manifeste de la laïcité. Et cela fait un peu beaucoup à mes yeux. La « pensée » de ce Monsieur est manifestement christine-boutino-compatible : la bible en bandoulière, la réflexion politique est menée par Dieu avant la république. Il n'y a plus ni gauche ni droite, il y a la loi divine avant tout. L'anti-républicanisme par essence même, le contraire de l'idéologie socialiste.
Les plus grands défenseurs de l'élu antillais feront remarquer que l'intéressé se « contente » en réalité d'être opposé au mariage homosexuel. Soit. Mais l'utilisation du terme « makoumé » trahit son auteur : un filet de bave coule manifestement au coin de ses lèvres quand il parle des homosexuels. C'est difficile à entendre, mais cela l'est plus encore quand il s'agit d'un homme qui se prétend de gauche.
Aussi, le 14 décembre dernier, le chasseur de makoumés a-t-il comparu devant la commission nationale des conflits du Parti socialiste. Il était temps ! Voici des années que cet individu répand ses propos homophobes dans les médias. Et encore n'était-il pas seul devant le juge suprême des socialistes : Marlène Lanoix, première secrétaire fédérale du PS en Martinique, qui partage avec Occolier cette vision catholico-traditionaliste de faire de la politique[2], l'accompagnait[3].
Résultat de l'audience ? Un blâme.
Oui, un blâme. Un simple blâme. Des élus tiennent de façon répétée des propos absolument contraires à toute l'idéologie du Parti et on leur inflige un simple blâme. Les mots me manquent pour qualifier une telle (absence de) décision.
Pourtant il y a deux ans, ce même parti socialiste dénonçait avec justesse l'homophobie du député UMP Vanneste par ces mots : « Le Parti Socialiste constate avec consternation que ce député conserve le soutien de son parti politique, l’UMP. »
Je constate moi, avec tout autant de consternation, que Raymond Occolier[4] et ses amis homophobes conservent le soutien de leur parti politique... qui est aussi le mien.
Avec Ségolène Royal, on connaissait la gauche qui est centriste. Avec Manuel Valls, on connaissait la gauche qui est de droite. Certains élus du PS antillais ont eux inventé la gauche qui est d'extrême droite.
[2] Elle a notamment dénoncé le mariage homosexuel comme « une dérive de société ».
[3] Pour une raison qui m'échappe, Jules Otto, premier fédéral socialiste en Guadeloupe, qui lui aussi s'est spécialisé dans la chasse à la pédale, le pourfendage de tapettes et la dénonciation de tantouzes, était exempt de convocation devant la commission des conflits.
[4] Il a été le candidat officiel du PS lors des élections législatives de juin 2007.
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